Le vapotage est propice à l’apparition du cancer

Vapotage et cancer

Les données sur les risques de la vapoteuse prennent un nouveau tournant, maintenant que la possibilité qu’elle cause le cancer comme la cigarette traditionnelle cesse d’être une simple hypothèse, pour devenir une réelle probabilité.

Depuis son apparition, la vapoteuse a été présentée comme une innovation susceptible de réduire les méfaits du tabac. L’industrie du tabac la décrit comme une solution « plus sûre » que la cigarette combustible, voire un outil de cessation tabagique, malgré l’absence d’homologation de Santé Canada. Pourtant, les données scientifiques s’accumulent et brossent un portrait beaucoup moins favorable.

Un rapport de la Clinical Oncology Society of Australia (COSA) datant de 2025, intitulé La cigarette électronique et le cancer : une analyse qualitative des risques*, conclut que les vapoteuses sont susceptibles de causer le cancer du poumon et le cancer de la bouche. Si les preuves épidémiologiques directes manquent encore, les chercheuses et chercheurs estiment que les données sont suffisamment fiables pour justifier une sensibilisation accrue aux risques du vapotage.

  • Les vapoteuses à base de nicotine sont probablement cancérogènes pour l’humain.
  • Les risques ont particulièrement rapport au cancer du poumon et au cancer de la bouche.
  • Les preuves ne permettent pas encore d’affirmer un lien causal direct, mais la convergence des données est préoccupante.

Les vapoteuses contiennent plusieurs composés qui sont déjà connus pour favoriser l’apparition et le développement du cancer.

Les aérosols de la cigarette électronique renferment plusieurs substances pouvant être cancérogènes :

  • le formaldéhyde et l’acétaldéhyde, produits de la dégradation thermique des solvants (propylène glycol, glycérine végétale);
  • les nitrosamines spécifiques du tabac (TSNA), contenues dans certaines vapoteuses, déjà bien reconnues comme étant cancérogènes;
  • les métaux lourds (nickel, plomb, cadmium) provenant des résistances chauffantes;
  • les radicaux libres et les particules ultrafines capables de pénétrer profondément dans les tissus.

Ces composés ont des effet sur plusieurs mécanismes biologiques qui altèrent le fonctionnement des cellules et peuvent ainsi mener à des cancers.

  • Ils peuvent causer des mutations de l’ADN.
  • Ils engendrent un stress oxydatif (mécanisme induit par un surplus de radicaux libres qui s’attaque aux cellules et peut mener au vieillissement prématuré ainsi qu’à certaines maladies).
  • Ils altèrent les mécanismes de réparation cellulaire.
  • Ils sont propices à une inflammation chronique.
La vapoteuse, comparée à la cigarette

Il est indéniable que la cigarette traditionnelle est plus nocive que la vapoteuse. Toutefois, la comparaison exclusive entre les deux produits est trompeuse.

  • Par rapport à l’absence de consommation, le vapotage représente un risque réel.
  • La double consommation (vapoter et fumer) est fréquente et entretient la dépendance à la nicotine, tout en exposant les personnes à plus de produits nocifs.
  • Les jeunes qui n’auraient jamais fumé et qui vapotent s’exposent à des risques qu’ils n’auraient pas courus autrement.
Tirer des enseignements de l’histoire

Comme le soulignent plusieurs spécialistes de la santé, dont l’inhalothérapeute Stéphanie Alexandre, l’histoire du tabac doit servir d’avertissement. Pendant des décennies, les preuves de la nocivité de la cigarette s’accumulaient, mais les mesures de santé publique tardaient à apparaître.

Aujourd’hui, nous avons l’occasion d’agir en amont. Les méfaits de la vapoteuse sont suffisamment connus pour justifier l’instauration de politiques de santé publique.

L’industrie du tabac n’interviendra jamais en faveur de la santé publique. Il est faux de croire qu’elle puisse s’y allier, parce qu’elle est très investie dans le marché du vapotage. En fait, elle a nié ou minimisé les risques du tabac pendant des décennies. Aujourd’hui, elle finance des études qui tendent à présenter le vapotage comme une solution « plus sécuritaire » que la cigarette. Les conflits d’intérêts en jeu sont évidents, et la crédibilité scientifique de telles affirmations reste à déterminer.

En matière de santé publique, si l’on attend la preuve irréfutable que le vapotage cause le cancer, on pourrait très bien répéter les erreurs du passé.

Caroline Normandin, Ph. D.


*Traduction libre