Le financement du CQTS demeure précaire

Par Denis Côté

Le financement à long terme du Conseil québécois sur le tabac et la santé, le principal regroupement permanent contre le tabagisme au Québec, n’est toujours pas assuré. C’est une des conclusions qui s’imposent à la lecture du rapport annuel 1996-97.

Le 5 juin, seize personnes, représentant douze organismes, ont pris part à l’assemblée générale annuelle du Conseil, tenue au bureau montréalais de la Société canadienne du cancer. Fondé en 1976 et comptant 27 membres collectifs ou individuels, dont Info-tabac, le CQTS se veut un outil de coordination dans le dossier tabac pour des organismes de santé dont la plupart ont des mandats beaucoup plus larges que la seule lutte au tabagisme.

Les membres du Conseil ne déboursent que des cotisations symboliques, soit de 100 $ pour les organismes et de 50 $ pour les particuliers. Grâce à la gérance de projets subventionnés par les gouvernements, le CQTS réussit tout de même à maintenir une permanence minimale depuis l’été 1993.

Malheureusement, aucun niveau de gouvernement n’accepte de financer sur une base régulière ce mouvement qui doit affronter les multinationales du tabac, dont on connaît les ressources quasi illimitées.

Pour l’assemblée du CQTS, le directeur général Mario Bujold avait préparé un joli rapport annuel de 22 pages, presque aussi chic que ceux des compagnies de cigarettes. L’assemblée et le rapport ont fait le tour des deux principaux succès du CQTS de l’exercice 1996-97, soit la Gang allumée pour une vie sans fumée et la Semaine québécoise sans fumer.

Le CQTS a mis sur pied un Comité de vigilance qui a répliqué à des opinions parues dans des journaux. Quatre de ces répliques avaient été publiés au cours de l’année. Le CQTS a également participé à deux annonces pleine page dans La Presse, placées sous l’égide de l’Association pour les droits des non-fumeurs.

Le comité de financement du CQTS a retenu un nouveau projet susceptible d’être financé sur une base régulière par le gouvernement; il s’agit d’une ligne sans frais qui procure informations, aide aux fumeurs et références sur les questions touchant le tabagisme.

Au cours de l’année, le CQTS avait fait mener une enquête auprès des dirigeants de ses organismes membres, afin de connaître leur satisfaction et leurs attentes. Celles-ci étaient variées et nombreuses, signale le rapport de cette enquête, mais aucun des organismes n’acceptait de voir sa cotisation symbolique majorée !

La présidente sortante, Suzanne Lemire, de la Société canadienne du cancer, avec sa douceur habituelle, a eu de bons mots pour les principaux partenaires et acteurs du CQTS. Trois nouveaux administrateurs ont été élus : le Dr André Dandavino de l’Association des médecins de langue française du Canada, le Dr Mary Delafield de la Clinique d’aide aux fumeurs de Québec, et Daniel Lemire, du Centre vivre mieux sans fumée. Après l’assemblée, les administrateurs se sont distribué ainsi les postes de l’exécutif : Marcel Boulanger, président, Suzanne Lemire, présidente sortante, Danièle Brochu, trésorière, et Louise Desjardins, secrétaire. Le poste de vice-président est vacant.