Les services J’ARRÊTE mobilisent les pharmaciens

Un projet pilote invite les pharmaciens à diriger plus de patients fumeurs vers les services J’ARRÊTE à l’aide d’un nouveau formulaire de référencement.

 

La majorité des fumeurs au Québec souhaitent se libérer du tabac. Pour les aider à y arriver, un projet pilote de la Société canadienne du cancer (SCC) – Québec et du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) mobilise des centaines de pharmaciens établis dans 12 régions. L’objectif? Les inviter à diriger les fumeurs vers les services J’ARRÊTE à l’aide d’un formulaire simple et facile à utiliser, afin d’accroître l’aide apportée à cette clientèle. Ce soutien additionnel peut faire toute la différence. En effet, un fumeur peut jusqu’à tripler sa probabilité de se libérer de sa dépendance au tabac s’il bénéficie à la fois d’une intervention brève de la part d’un professionnel de la santé, d’une thérapie de remplacement de la nicotine (TRN) et d’une aide personnalisée des services J’ARRÊTE.

Les pharmaciens : des professionnels de choix

Le projet pilote de la SCC cible les pharmaciens pour plusieurs bonnes raisons. D’abord, à l’instar d’autres professionnels, les pharmaciens sont officiellement engagés dans la lutte contre le tabagisme depuis plusieurs années. Ensuite, grâce à la Loi modifiant la Loi sur la pharmacie, adoptée en 2015, ces professionnels de la santé peuvent désormais tous prescrire certains médicaments, dont des thérapies de remplacement de la nicotine (TRN). Enfin, les pharmaciens sont des professionnels de la santé particulièrement accessibles au quotidien. Plus que jamais, ils sont donc appelés à soutenir la cessation tabagique. Non seulement sont-ils en mesure d’intervenir brièvement auprès de leurs patients, mais ils peuvent aussi leur prescrire une TRN et les diriger encore plus facilement vers les services J’ARRÊTE.

Des rencontres courtes et profitables

Ce projet pilote a été lancé en octobre 2016. Il compte sur une équipe terrain qui présente en quelques minutes le projet aux pharmaciens. « Beaucoup de pharmaciens connaissent déjà les services J’ARRÊTE et les recommandent à leurs patients qui fument, mais ils le font de façon verbale », commente Isabelle Éthier, directrice, Services d’information et Soutien à la SCC. Le nouveau formulaire d’une page permet au fumeur d’accepter, par écrit, de recevoir un appel de la ligne J’ARRÊTE et, par la suite, d’accéder au soutien de son choix. En plus d’être facile à remplir, ce formulaire inclut une partie détachable comprenant des informations sur les services J’ARRÊTE à remettre au patient. Après cette première visite, l’équipe terrain retourne à la pharmacie de deux à cinq fois afin de renforcer le message, de rencontrer les autres pharmaciens de l’établissement et de recueillir leurs commentaires.

Une référence vers tous les services J’ARRÊTE

Inviter les pharmaciens à diriger les fumeurs vers la ligne J’ARRÊTE facilite le travail de ces professionnels de la santé. « Cela leur permet de retenir un seul numéro de téléphone, dit Mme Éthier. De plus, les intervenants de la ligne sont disponibles cinq jours par semaine, dès 8 h et au moins jusqu’à 20 h, ce qui permet d’appeler dans un délai maximal de 48 heures toutes les personnes que l’on dirige vers nous. » Au besoin, les intervenants de la ligne dirigent les fumeurs vers les autres services J’ARRÊTE. Ainsi, parmi les fumeurs dirigés vers la ligne, seulement 6 % veulent prendre rendez-vous dans un centre d’abandon du tabac (CAT). Mais après une discussion avec un intervenant de la ligne, cela monte à 30 %, montre une première évaluation du projet pilote.

Cette évaluation, menée en juillet 2017 auprès de 200 pharmaciens, indique aussi que près de 500 pharmacies ont été visitées en un an. Pas moins de 87 % des pharmaciens questionnés se sont déclarés satisfaits du projet tandis que 98 % d’entre eux ont trouvé pertinente l’information reçue. Enfin, en un an, la ligne J’ARRÊTE a reçu 430 référencements de la part de ces professionnels de la santé, ce qui est prometteur. C’est pourquoi le projet pilote, qui devait d’abord durer un an, a été prolongé jusqu’en mars 2019. Ces mois additionnels permettront d’améliorer cette initiative selon les commentaires reçus et de donner aux fumeurs toute l’aide dont ils ont besoin.

Anick Labelle