Traiter l’insomnie pour traiter le tabagisme

Insomnie

Non seulement les fumeurs dorment-ils généralement moins bien que les non-fumeurs, mais les mauvaises nuits sont un effet secondaire connu des aides pharmacologiques à l’arrêt tabagique. Malgré cela, l’insomnie n’est pas systématiquement abordée dans les interventions en cessation tabagique. Dans une revue de littérature publiée en janvier 2019 dans Nicotine & Tobacco Research, Freda Patterson et ses collègues examinent si soigner les troubles du sommeil pourrait devenir un traitement d’appoint dans les interventions menées auprès des fumeurs. En effet, selon ces auteurs, « l’identification de nouvelles cibles d’intervention qui optimisent les traitements existants […] représente une prochaine étape critique ». (notre traduction)

Dans les meilleurs des cas, les interventions en cessation tabagique obtiennent un taux de succès d’environ 30 %. S’il existe peu d’études d’envergure sur les liens entre tabac et sommeil, plusieurs d’entre elles tendent à démontrer que les fumeurs jouissent d’un repos de moindre qualité que les non-fumeurs, c’est-à-dire plus léger, plus court ou avec des réveils plus fréquents. De même, cesser de fumer entraîne fréquemment de l’insomnie ou des rêves inhabituels, surtout pendant les premiers jours ou semaines. En somme, si la nicotine perturbe le sommeil des fumeurs, « ces derniers utilisent peut-être le tabac pour combattre leur somnolence pendant la journée », écrivent Freda Patterson et son équipe (notre traduction) .

Même si les mécanismes exacts reliant tabac et sommeil restent à confirmer, il est déjà possible d’améliorer les nuits des ex-fumeurs en devenir. Par exemple, utiliser une thérapie cognitivo-comportementale pourrait les introduire à une technique de relaxation, les amener à développer une meilleure routine de sommeil ou à changer leurs croyances et leurs attitudes au sujet de l’insomnie. Autant de pistes à explorer en vue d’augmenter – peut-être – la proportion de fumeurs qui réussissent à migrer vers une vie sans tabac.

Anick Labelle