Un rapport exhaustif sur la cigarette électronique

La cigarette électronique suscite encore bien des questions. À quel point pousse-t-elle les jeunes à fumer ou les fumeurs à se libérer de leur dépendance? À quel point nuit-elle à la santé? Après avoir examiné 800 études scientifiques publiées sur ce produit, l’Académie des sciences, de l’ingénierie et de la médecine des États-Unis est arrivée, en janvier 2018, à une conclusion nuancée : même si les cigarettes électroniques sont moins dangereuses que les cigarettes de tabac combustible, leurs risques demeurent incertains au point de vue populationnel, particulièrement à long terme et chez les jeunes qui en sont dépendants. Précisons que, pour l’Académie des sciences, l’impact net de la cigarette électronique sur la santé publique dépend de trois facteurs : sa toxicité intrinsèque, son effet sur l’initiation tabagique chez les jeunes et son effet sur la cessation tabagique chez les adultes. Au total, le rapport d’environ 600 pages inclut une cinquantaine de conclusions pondérées à propos de la toxicité de ces appareils et de leur effet sur la dépendance ainsi que sur l’étiologie des maladies cardiovasculaires, le cancer, les problèmes respiratoires, la cessation tabagique ou le tabagisme chez les jeunes.

Public Health England (PHE) a aussi publié un rapport sur la cigarette électronique à peu près au même moment. Ce rapport de 250 pages examine seulement les recherches publiées entre 2015 et 2017. PHE ne traite pas uniquement de l’impact de ces produits sur la santé publique, mais aussi de la réglementation européenne sur ces produits ou de la perception du grand public quant à leurs risques. Les conclusions de ce rapport sont généralement plus positives que celles de l’Académie des sciences, notamment sur le rôle des cigarettes électroniques dans la réduction des risques ou la cessation tabagique.

Anick Labelle