Enfants hospitalisés pour cause d’asthme : encore des inégalités

Crédit photo : Institut canadien ‎d’information sur la santé

Au Canada, les hospitalisations liées à l’asthme des enfants et des jeunes ont chuté de 50 % depuis 2006. Cela est dû en grande part à la baisse du tabagisme et de l’exposition à la fumée secondaire de tabac. Malheureusement, comparativement aux enfants issus de quartiers fortunés, ceux qui habitent des quartiers défavorisés sont toujours plus susceptibles d’être exposés à ce type de fumée et, donc, plus à risque d’être hospitalisés pour une crise d’asthme. C’est ce que démontre l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) dans Hospitalisations liées à l’asthme chez les enfants et les jeunes au Canada : tendances et inégalités.

« L’asthme demeure un des principaux motifs d’hospitalisation chez les enfants et les jeunes [entre 0 et 19 ans] », note le document paru en avril 2018. Heureusement, pour 100 000 bambins, ados et jeunes adultes, le nombre de cas annuels d’hospitalisation est passé de 154 à 75 entre 2006 et 2016. On observe la même tendance aux États-Unis et dans plusieurs pays européens. Néanmoins, même si l’écart absolu entre pauvres et riches se rétrécit, les enfants et les jeunes qui vivent dans des quartiers pauvres « affichent toujours des taux beaucoup plus élevés d’hospitalisation que ceux vivant dans des quartiers à revenu élevé », rappelle l’ICIS. De même, les bambins, ados et jeunes adultes issus de ménages sans aucun diplôme d’études secondaires restent plus susceptibles d’être hospitalisés pour leur asthme que leurs camarades nés dans un ménage avec au moins une maîtrise.

L’usage du tabac expliquerait une part importante de ces différences. Les enfants issus de familles moins nanties s’initient plus tôt au tabagisme et sont plus susceptibles d’être exposés à la fumée secondaire. Leurs mauvaises conditions de logement – incluant une exposition accrue aux moisissures ou à d’autres polluants – seraient aussi en cause. Ces inégalités sont toutefois loin d’être immuables. Une synthèse récente de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) propose plusieurs pistes pour que « les fumeurs de tous les milieux socioéconomiques aient une chance égale d’arrêter de fumer ». Par exemple, des services de soutien à l’arrêt tabagique offerts depuis une unité mobile capable de se déplacer dans les endroits publics des quartiers défavorisés, comme des stationnements de supermarché ou des parcs industriels. Il est aussi possible de valider l’acceptabilité sociale des outils soutenant la cessation auprès de personnes moins nanties ou d’intégrer les services d’abandon du tabac à d’autres ressources communautaires. Autant de pistes soutenues par des études prometteuses.

Anick Labelle