18 questions fréquentes sur la ligne Poumon-9

Par Lise Lanctôt, Lucie Lebrun et Lise Giguère

1-Avez-vous des trucs ou des moyens à me suggérer pour m’aider à cesser de fumer ?

Lorsque nous désirons cesser de fumer, nous devons respecter cinq règles de base :

  • boire un minimum de huit verres d’eau par jour ;
  • manger sainement (crudités et fruits à volonté) pour minimiser son apport calorique et pour compenser l’habitude de porter la main à sa bouche ;
  • prendre de grandes respirations pour assurer une bonne concentration d’oxygène dans le sang ;
  • faire de l’exercice, s’occuper, être actif ;
  • obtenir le soutien de proches, ou de professionnels si nécessaire.

2- Quels sont les symptômes de sevrage les plus fréquents lorsqu’on tente de cesser de fumer ?

  • Les symptômes de sevrage peuvent varier d’un ex-fumeur à l’autre. Certains ressentent plusieurs symptômes, tandis que d’autres en ont peu ou pas. On doit toujours se rappeler que chaque problème a sa solution. Parmi les plus fréquents, nous retrouvons :
  • tension, irritabilité, forte envie de fumer ;
  • bouche et gorge sèches ;
  • problèmes gastro-intestinaux ;
  • gain de poids ;
  • tremblements bénins, étourdissements occasionnels, maux de tête légers ;
  • insomnie, fatigue, difficulté de concentration.

3- Est-ce que le sevrage du tabac peut être dangereux pour certaines personnes ? Y’a-t-il risque d’arrêt cardiaque ou de dépression, par exemple ?

  • Dans presque tous les cas, les risques sont beaucoup plus grands en continuant à fumer.

4- Existe-t-il des groupes de soutien pour m’aider à cesser de fumer ?

  • Dans la plupart des régions du Québec, il y a des services d’aide à la cessation qui sont inventoriés par les Directions de la santé publique. Si vous avez accès à Internet, plusieurs sites offrent des forums de discussion sur l’arrêt tabagique où il est possible d’échanger. De plus, dans votre entourage, vous connaissez sans doute des ex-fumeurs qui pourraient vous encourager.
  • (Réponse variable selon les régions)


5- Quels sont les problèmes de santé les plus fréquents reliés au tabagisme ?

Les dangers du tabagisme sont :

  • l’accident cérébro-vasculaire ;
  • une maladie cardiaque ;
  • le cancer du poumon, de la bouche, de l’œsophage, de la gorge et de la vessie ;
  • la bronchite chronique, l’emphysème ;
  • l’ulcère gastrique ;
  • les risques pour le fœtus chez la femme enceinte.

6- Quels sont les effets du tabagisme sur le cœur et le système respiratoire ?

  • Le tabagisme fait monter la fréquence cardiaque et la tension artérielle. Il est à noter que fumer augmente le stress dans notre corps. Le tabagisme agit sur le système respiratoire ; les capacités de la fonction ventilatoire étant moindre, il y a une augmentation des risques de maladies, telles la bronchite chronique, l’emphysème, le cancer du poumon et autres.


7- Y a-t-il des fumeurs qui réussissent à cesser de fumer définitivement après des décennies de tabagisme ?

  • Dernièrement, nous retrouvons plusieurs fumeurs invétérés qui tentent de mettre fin à cette dépendance. Certains y arrivent avec le soutien de la famille et de notre ligne téléphonique. Ils appellent de façon quotidienne au début du sevrage.Il ne faut cependant jamais oublier que, similairement à l’alcoolisme, nous sommes fumeurs pour la vie. Une situation stressante peut réveiller un souvenir de votre ancien comportement et vous faire rechuter.


8- Est-ce que cesser de fumer va me faire prendre beaucoup de poids ?

  • La moyenne de poids gagné en cessant de fumer est de 5 à 6 livres. Cependant ce gain est habituellement temporaire et il peut s’éliminer dès la première année.


9- Avez-vous de la documentation ou des affiches qui pourraient m’aider à me motiver davantage à cesser de fumer ?

  • L’’Association pulmonaire du Québec a un répertoire complet de documents sur le tabagisme. Elle offre aussi un programme d’aide aux fumeurs pour les individus ainsi que pour les organisations, notamment les milieux de travail. (Un envoi personnalisé est posté à la plupart des interlocuteurs.)


10- Que faire avec cette obsession qui m’assaille de vouloir fumer et que je n’arrive pas à contrôler ?

  • Si votre obsession persiste, que vous êtes stressé(e) par la situation, occupez-vous, faites du sport, divertissez-vous.
  • Il est important de verbaliser cette obsession avec quelqu’un qui vous encourage dans votre décision d’arrêter de fumer, ou d’utiliser notre ligne téléphonique pour en parler.


11- Quels sont les effets de la fumée secondaire sur les non-fumeurs et les enfants ?

  • En respirant cette fumée, les non-fumeurs risquent eux aussi de développer les problèmes de santé des fumeurs. (cités au point 5).
  •  Quant aux enfants de parents fumeurs, ils sont plus susceptibles de développer des infections d’oreilles (otites), de gorge (amygdalite) ainsi que des maladies respiratoires comme l’asthme, à cause de la fragilité des muqueuses à leur âge.
  • Dans nos cliniques de pédiatrie, on observe un pourcentage élevé d’enfants de parents fumeurs qui doivent être hospitalisés de façon répétitive pour des infections reliées au tabagisme.


12- Que contient la fumée secondaire ? Ses éléments sont-ils dangereux ?

  • La fumée secondaire contient au moins 4000 composés chimiques dont l’ammoniaque, le benzène, la nicotine, l’oxyde de carbone, etc. On peut répertorier jusqu’à trois fois plus de goudron, jusqu’à cinq fois plus de monoxyde de carbone et jusqu’à six fois plus de nicotine dans la fumée secondaire que dans la fumée inhalée directement.


13- Combien de temps faut-il pour éliminer la nicotine et les autres produits chimiques dans le sang ?

  • Après quatre jours, il n’y a habituellement plus de nicotine dans le sang de l’ex-fumeur. Cependant, les symptômes de sevrage et la dépendance physique demeurent et peuvent être ressentis pendant le premier mois sans fumer. Le sevrage de la dépendance psychologique, reliée aux habitudes, est plus important et beaucoup plus long. La première année reste à risque pour un ex-fumeur. Ce dernier peut se considérer comme non-fumeur seulement après douze mois d’abstinence.


14- Quels sont les outils les plus efficaces pour nous aider à cesser de fumer ? Que pensez-vous des timbres de nicotine, de la gomme Nicorette ou du Zyban, par exemple ?

  • Peu importe l’outil employé pour cesser de fumer, il ne doit pas être considéré comme un moyen miraculeux. Les outils aident le fumeur dans son sevrage physique et psychologique ; ils ne doivent donc pas être écartés.
  • Plus vous vous donnerez de moyens pour réussir votre sevrage physique, psychologique et social, plus vous aurez de chances de devenir et de rester non-fumeur.
  • Aussi, lorsque nous donnons une session de groupe, nous prenons le temps d’expliquer les différents outils et, selon la situation, suggérons à des fumeurs d’utiliser un ou deux outils pour les aider, en plus du support du groupe, des proches et de notre ligne téléphonique.


15- Que puis-je faire après une rechute ? Une deuxième rechute ?

  • Appelez notre ligne 1 888 POUMON 9 pour de l’aide et du soutien. En moyenne, les fumeurs essaient au moins six fois avant de cesser pour de bon.
  • Il n’y a aucun déshonneur à être tenace et décidé de prendre sa santé en main, et à se libérer. Il ne faut jamais lâcher lorsqu’il s’agit de notre bien-être et de notre santé.


16- Que pensez-vous des méthodes alternatives pour cesser de fumer ?

  • Si vous avez confiance, elles peuvent vous aider. Cependant, ce ne sont pas des méthodes miracles et aucune recherche scientifique ne peut prouver leur efficacité.


17- Existe-t-il des fumeurs qui parviennent à cesser de fumer par eux-mêmes, sans outils ou sans aide extérieure ?

  • Oui. Chaque personne possède ses propres forces et ses faiblesses. Certains fumeurs savent se préparer et voient leur projet de cesser de fumer comme un défi. Ce qui importe, c’est d’être prêt psychologiquement à cesser de fumer, de connaître son potentiel, et de savoir profiter de l’aide disponible au bon moment, selon ses besoins.


18- Quels sont les risques du tabagisme pour la femme enceinte ?

  • La santé du fœtus est affectée par la mère fumeuse. La quantité d’oxygène et les produits nutritifs absorbés par le fœtus sont diminués. Il y a risques accrus de fausse couche, de naissance d’un bébé de petit poids, d’un bébé mort-né, de naissance prématurée et de mort subite du nourrisson.
  • De plus, certaines recherches démontrent que les enfants suivis pour des problèmes d’’hyperactivité et de manque de concentration proviennent souvent de mères ayant fumé pendant leur grossesse.

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