Une réinsertion professionnelle sans tabac

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Au Carrefour jeunesse-emploi Pointe-aux-Trembles/Montréal-Est, un programme de réinsertion socioprofessionnelle invite les jeunes à réfléchir au tabagisme.

Ce sont des jeunes entre 18 et 24 ans. Ils sont sans emploi ni 5e secondaire, souvent victimes d’un parcours de vie instable ou économiquement difficile et… presque tous fumeurs. Au Carrefour jeunesse-emploi (CJE) Pointe-aux-Trembles/Montréal-Est, on réinsère ces jeunes avec un « profil de décrocheur » dans la vie active, tout en les sensibilisant aux saines habitudes de vie et à l’arrêt tabagique.

Jeunes en action : un programme qui s’adapte

Le CJE aide ces jeunes adultes à développer un projet d’emploi ou d’études grâce au programme Jeunes en action. Ce programme d’Emploi-Québec est destiné aux jeunes entre 18 et 24 ans qui n’étudient pas et ne travaillent pas. « Il est offert par plusieurs organismes, dont les CJE, mais chacun l’adapte aux besoins de sa clientèle » explique Marie-Lyne Bernard, directrice générale du CJE Pointe-aux-Trembles/Montréal-Est. Dans le CJE qu’elle supervise, le programme inclut depuis l’été 2013 quatre ateliers sur les saines habitudes de vie.

« Pour ces jeunes, l’insertion va plus loin que l’obtention d’un emploi ou un retour aux études, explique-t-elle. Il leur faut aussi des habiletés de base pour garder leur emploi ou rester à l’école. Par exemple, boucler un budget, planifier des repas et prendre soin d’eux. » Se libérer du tabac répond à ces objectifs puisque la cessation tabagique améliore la santé tout en renflouant le portefeuille. Le plus beau? Les ateliers sur les saines habitudes de vie ne requièrent à peu près aucun effort supplémentaire du CJE puisqu’ils sont entièrement gérés par le Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de la Pointe-de-l’Île. En gros, celui-ci fournit gratuitement l’expertise, l’animateur et les outils d’animation.

Carrefour jeunesse-emploi

Quelques participants au programme Jeunes en action avec leur animatrice, Mélanie Simard (au centre), et la responsable du CJE, Marie-Lyne Bernard (à l’extrême droite).

Un moment de sensibilisation et de réflexion

Chacun des quatre ateliers sur les saines habitudes de vie dure d’une heure à une heure et demie. Chacun aborde un thème différent : les saines habitudes de vie en général, l’activité physique, l’étiquetage des aliments et le tabagisme. « Le tabagisme est abordé au troisième ou quatrième atelier de manière stratégique, explique Brigitte Fortier, infirmière clinicienne au Centre d’abandon du tabac et ancienne animatrice du CSSS. Les jeunes sont plus à l’aise pour aborder le tabac lorsqu’ils ont développé une relation de confiance avec l’animateur en discutant avec lui pendant les ateliers précédents. »

Lors de l’atelier sur le tabac, l’objectif est simple : sensibiliser les jeunes et les amener à pousser plus loin leur réflexion sur différents aspects du tabagisme. « On aborde notamment les quatre axes de la dépendance, les bienfaits de la cessation, les dangers de la fumée secondaire et les produits d’aide à l’arrêt tabagique, dit Mme Fortier. Cela permet aux jeunes de réaliser plusieurs choses. » Par exemple, qu’arrêter de fumer n’est pas seulement une question de volonté ou que la meilleure façon de limiter l’impact de la fumée secondaire est de fumer dehors. L’atelier aide aussi les jeunes à réaliser que le CLSC offre des services gratuits vers lesquels ils peuvent se tourner en cas de besoin. Même s’il est court, l’atelier a des effets. « Je me souviens d’un jeune qui, à la pause, a décidé de ne pas aller fumer avec les autres ou d’un autre qui a pris rendez-vous au CAT », raconte Brigitte Fortier. Dans la lutte contre le tabac, toutes les petites victoires comptent!

Anick Perreault-Labelle