Un guide sur les interventions avec un plus grand impact

La lutte contre le tabagisme est un combat qui se mène sur plusieurs fronts. On doit à la fois prévenir l’initiation au tabac, contenir les stratégies de l’industrie, protéger les non-fumeurs, aider ceux qui fument à cesser, etc. Un rapport de Santé publique Ontario et du Comité consultatif scientifique de la stratégie Ontario sans fumée permet d’y voir plus clair. Evidence to guide action: comprehensive tobacco control in Ontario décrit et évalue succinctement 56 interventions possibles et identifie les plus susceptibles d’avoir un effet important sur l’usage du tabac au Canada et en Ontario.

Une classification rigoureuse

Ce rapport a été rédigé à la demande du ministère ontarien de la Santé et des Soins de longue durée. Il examine des interventions liées aux quatre facettes de la lutte contre le tabagisme : la cessation, la prévention, la protection contre la fumée secondaire et l’industrie du tabac. Pour chacune des interventions, les auteurs précisent ses caractéristiques, son efficacité dans un contexte canadien, la nature de leurs données et l’impact attendu sur les populations avec un haut taux de tabagisme. Le tout est bien vulgarisé et facile à consulter.

Les auteurstous des experts en santé publique, dont certains spécialisés en tabagisme – ont classé les interventions dans l’une de 10 catégories sur la base de leur efficacité et de leur pertinence pour l’Ontario et le Canada. Le classement final de chaque intervention a été déterminé par consensus. Une quinzaine de mesures ayant une grande efficacité ont été recommandées par les auteurs, incluant la hausse des taxes sur les produits du tabac, les interventions en cessation dans les hôpitaux, l’adoption de l’emballage neutre et standardisé, les campagnes médiatiques de masse et le soutien à la cessation tabagique par texto ou via un site Web.

Cinq chercheurs ont supervisé la publication du guide : Joanna Cohen ‎‎(Johns Hopkins University), Bruce Baskerville (Université de Waterloo), Pamela Kaufman ‎‎(Université de Toronto), Robert Schwartz (Unité de recherche sur le tabac de l’Ontario) et ‎Kelli-an Lawrance (Brock University).‎

Cinq chercheurs ont supervisé la publication de ce guide. De gauche à droite : Joanna Cohen ‎‎(Johns Hopkins University), Bruce Baskerville (Université de Waterloo), Pamela Kaufman ‎‎(Université de Toronto), Robert Schwartz (Unité de recherche sur le tabac de l’Ontario) et ‎Kelli-an Lawrance (Brock University).‎

Interventions prometteuses

Une quinzaine d’interventions ont été jugées innovantes, c’est-à-dire prometteuses, mais avec une efficacité encore à démontrer. Parmi elles, on retrouve notamment la création de quartiers sans vente de tabac, l’augmentation de l’âge minimal pour acheter du tabac et la réglementation de la présence des produits du tabac à l’écran. De plus, la contribution d’une quinzaine de mesures à la baisse du tabagisme semble incertaine. Mentionnons la diminution des taux de nicotine dans les produits du tabac et une réglementation plus favorable aux cigarettes électroniques qu’au tabac combustible.

Enfin, pour avoir le plus grand impact sur le tabagisme, le mieux est de créer des synergies en combinant plusieurs interventions, rappelle le rapport. L’Australie, par exemple, a instauré simultanément l’emballage neutre et des hausses annuelles des taxes sur le tabac de 12,5 % pendant quatre ans. Parce qu’on n’est jamais trop armé contre un ennemi qui tue une centaine de Canadiens chaque jour et environ 10 000 Québécois chaque année.

Anick Labelle