Un essai clinique canadien sur la cigarette électronique

Bien que la cigarette électronique soit souvent présentée comme un outil efficace pour aider les fumeurs à se libérer du tabac, très peu d’études rigoureuses l’ont effectivement démontré. Une équipe canadienne menée par le Dr Mark Eisenberg, de l’Hôpital général juif, recrute présentement des fumeurs qui souhaitent cesser de fumer afin de tirer cela au clair. Les personnes intéressées peuvent contacter le centre de coordination de l’étude à E3.Trial@ladydavis.ca.

Au Québec, 15 % des adultes de plus de 15 ans et 32 % des jeunes de 15 à 19 ans ont déjà utilisé la cigarette électronique au cours de leur vie, révèle le Centre pour l’avancement de la santé des populations Propel. Alors qu’une bonne partie d’entre eux ont essayé le vapotage en vue de cesser de fumer, on ignore à quel point ces appareils sont efficaces et sécuritaires lorsqu’utilisés à cette fin. En effet, dans les études antérieures, les chercheurs ont suivi les fumeurs pendant seulement quelques semaines et n’ont pas toujours bien vérifié à quel point ils adhéraient au traitement de cessation prescrit.

Essai d’envergure

Dr Mark Eisenberg

C’est à ces manques que répond l’Essai E3 (Évaluation de l’efficacité de l’utilisation de la cigarette électronique pour cesser de fumer). Cette étude contrôlée randomisée a été lancée en novembre 2016 et se déroule actuellement dans 12 villes canadiennes, dont Montréal, Québec, Ottawa, Toronto et Winnipeg. Les chercheurs souhaitent recruter près de 500 fumeurs de cigarettes. Ces derniers doivent fumer depuis au moins un an, mais ne pas avoir vapoté au cours des 60 derniers jours ni jamais plus de sept jours de suite. Concrètement, les participants reçoivent tous du soutien psychosocial ainsi que, pour certains d’entre eux, une cigarette électronique de deuxième génération avec ou sans nicotine. Les appareils de deuxième génération sont réputés être plus efficaces pour soutenir la cessation tabagique que les cigalikes. « Nous nous attendons à ce que les modèles avec nicotine soutiennent mieux la cessation tabagique, dit le Dr Eisenberg. Par contre, il ne faut pas oublier que la dépendance à la cigarette est également liée à de nombreux déclencheurs comportementaux et psychologiques, dont le fait de porter quelque chose à la bouche, auxquels pourrait répondre une cigarette électronique sans nicotine. »

Suivi sur un an

Les participants sont invités à utiliser leur cigarette électronique au besoin pendant 12 semaines. Ils seront suivis sur une période d’un an par l’équipe de recherche au moyen de quatre appels téléphoniques et de cinq rencontres en personne. Les chercheurs noteront notamment la quantité de tabac consommé, les symptômes de sevrage et les effets secondaires du vapotage. Les premiers résultats sont attendus pour 2019.

Anick Labelle