Les services J’ARRÊTE : une amélioration en continu

 

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Plus de 250 000 fumeurs auraient fait appel aux services J’ARRÊTE depuis leur création, il y a 15 ans. Aujourd’hui, le gouvernement procède à l’évaluation de certains de ces services afin de mieux comprendre leurs utilisateurs et répondre encore plus adéquatement à leurs besoins.

Se libérer d’une addiction est rarement facile, que l’on soit dépendant à l’alcool, à la cocaïne ou au tabac. À la dépendance purement physique s’ajoute une dépendance psychosociale. C’est pourquoi traiter la dépendance requiert une intervention médicale et une intervention psychosociale. C’est ce deuxième type de soutien qu’apportent les trois services J’ARRÊTE : les centres d’abandon du tabagisme, la ligne téléphonique et le site Web. Pour souligner les 15 ans de la ligne j’ARRÊTE, Info-tabac retrace l’histoire de ces trois services, de leur inauguration à leur évaluation actuellement en cours.

Une idée qui date de 1994

C’est en 1994 que la mise sur pied des services de soutien en cessation tabagique est évoquée pour la première fois par le gouvernement du Québec dans le Plan d’action de lutte au tabagisme. Cette année-là, le Québec intensifie son combat contre ce type de dépendance pour éviter que l’importante baisse des taxes sur les produits du tabac – consentie la même année par le Québec et le Canada – entraîne une hausse du nombre de fumeurs. C’est l’année où le dossier de la lutte contre le tabagisme passe du ministère de l’Environnement et de la Faune au ministère… de la Santé et des Services sociaux (MSSS).

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Au fil des années, les services J’ARRÊTE ont fait l’objet de nombreuses campagnes de promotion (Note : ces documents provenant d’archives ne doivent servir qu’à des fins éditoriales. Aucune diffusion publicitaire n’est permise sans l’obtention de droits additionnels.)

Le plan d’action proposé par le Québec prévoit de nombreuses activités de prévention, de protection et de cessation. Parmi elles, on retrouve : « soutenir les services existants de cessation auprès des jeunes et des adultes et favoriser le développement de nouveaux services requis. » En clair, le gouvernement souhaite développer les groupes de cessation déjà présents dans certaines régions grâce aux directions de santé publique. Il souhaite également améliorer les services de soutien existants avec, entre autres, « un service téléphonique d’orientation aux fumeurs et fumeuses ».

C’est huit ans plus tard, en 2001, que les services J’ARRÊTE seront officiellement lancés, dans la foulée du premier Plan québécois d’abandon du tabagisme. La ligne J’ARRÊTE est le premier service à voir le jour, en janvier 2002, suivie par les centres d’abandon du tabagisme (CAT) et le site Web jarrete.qc.ca, en janvier 2003. Malgré la longue gestation de ces services, « le Québec a été l’une des premières provinces à offrir un soutien à la cessation par téléphone et en personne », dit Jean-Maurice Roy, actif dans la lutte contre le tabagisme depuis près de 25 ans et aujourd’hui consultant auprès du MSSS. Au fil des ans, plus de 250 000 Québécois ont été accompagnés par l’un de ces trois services. Ces derniers ont soutenus les fumeurs dans leur démarche de cessation et ont effectué auprès d’eux les suivis nécessaires. Aujourd’hui, ces trois services continuent à être complémentaires : les CAT offrent une aide en personne (individuelle ou de groupe), le soutien de la ligne téléphonique est accessible depuis le confort de son foyer et le site Web est accessible en tout temps.

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Le site Web jarrete.qc.ca a changé d’allure à quelques reprises au fil des années. Il a toutefois subi une refonte complète en janvier de cette année, autant dans la forme que sur le fond.

Une amélioration continue

Remboursement des TRN

« Depuis 15 ans, ces trois services ont été l’objet d’améliorations continues afin de renforcer leur complémentarité, d’harmoniser leurs pratiques à travers le Québec et de s’ajuster aux nouvelles réalités », dit Jean-Maurice Roy, aussi agent de planification, programmation et recherche au CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec.

Certaines de ces innovations ont même précédé la création des services. Dès 2000, par exemple, le Québec devient la première province canadienne à rembourser certaines thérapies de remplacement de la nicotine (TRN). « Cette décision a contribué à mieux soutenir les personnes qui désirent cesser de fumer puisque, combinée à une aide comme celle des services J’ARRÊTE, l’usage d’une TRN augmente grandement la probabilité que quelqu’un se libère du tabac », explique Jean-Maurice Roy. D’autres améliorations se sont étalées sur plusieurs années.

Travail en partenariat

Au fil du temps, par exemple, la ligne J’ARRÊTE a signé des ententes avec de nombreux partenaires, dont les organisateurs du Défi J’arrête, j’y gagne!, des centres hospitaliers et des directions de santé publique. L’objectif était toujours le même : renforcer la complémentarité entre les trois services J’ARRÊTE et augmenter le soutien aux fumeurs.

Meilleur portrait de la clientèle

En 2010, nouvelle étape : le MSSS commence à collecter des données sur la clientèle des CAT à l’aide d’un formulaire unique. « Cela a permis d’assurer une meilleure cohésion entre les CAT, les besoins de leur clientèle et les formations des intervenants », explique M. Roy.

Nouvelles mises en garde

Deux ans plus tard, en 2012, les services J’ARRÊTE reçoivent un gros coup de pouce : le gouvernement fédéral exige l’ajout du numéro de téléphone de la ligne J’ARRÊTE et de l’adresse Web vivezsansfumee.gc.ca/abandon sur les mises en garde des emballages des produits du tabac. « Grâce à cela, les trois services J’ARRÊTE ont vu leur clientèle augmenter et, encore aujourd’hui, les mises en garde demeurent un outil important pour communiquer avec les fumeurs », dit M. Roy.

Lancement du SMAT

Toujours en 2012, le MSSS finance le Service de messagerie texte pour arrêter le tabac (SMAT). Comme son nom l’indique, ce service de soutien à la cessation fonctionne avant tout par messagerie texte. Il s’adresse particulièrement aux 18 à 34 ans. « C’est une nouvelle façon de soutenir les fumeurs qui veulent se libérer du tabagisme », dit M. Roy.

Guide de pratiques

En 2015, enfin, le MSSS publie un guide de pratiques à l’intention des conseillers des CAT et de la ligne J’ARRÊTE afin d’uniformiser leurs interventions à travers le Québec. On y explique notamment comment communiquer avec les personnes à accompagner ainsi que les meilleures façons d’intervenir auprès d’adolescents, de femmes enceintes ou de personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale.

Évaluer pour mieux servir

À l’heure actuelle, à la demande du MSSS, l’Institut national de santé publique évalue la ligne J’ARRÊTE et le SMAT. L’évaluation de ces services a de nombreux objectifs, dont dresser le portrait de ceux qui les utilisent, connaître leur satisfaction envers ces services, leur effet sur leur tabagisme et ce qui les empêche de cesser de fumer. Les premiers résultats sont attendus pour 2018. Quant aux quelque 150 CAT actuellement en activité, « le MSSS réfléchit à la nécessité de les évaluer et à la façon dont cela pourrait se faire », explique M. Roy. Enfin, le site Web jarrete.qc.ca vient tout juste d’être révisé de fond en comble et intégré au portail quebecsanstabac.ca. Toute l’approche a été repensée afin d’amener les fumeurs à demeurer conscients de leurs envies de tabac tout en gardant en tête leur objectif de cessation. Le site lui-même a aussi été épuré tandis que ses textes ont été simplifiés et vulgarisés afin de joindre un plus grand public.

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De la révision du site jarrete.qc.ca au remboursement des TRN en passant par la publication d’un guide sur les bonnes pratiques en intervention, « l’objectif du gouvernement québécois est toujours resté le même, conclut Jean-Maurice Roy : améliorer les services J’ARRÊTE afin de mieux soutenir les fumeurs. »

Anick Labelle