Le tabac : fumer, souffrir, mourir‎

La Semaine pour un Québec sans tabac (SQST) demeure un événement marquant. L’objectif : rappeler les méfaits du tabac et mobiliser toute la société à combattre un produit aussi dangereux qu’inutile.

Presque 20 % des adultes québécois en sont dépendants, de même que 12 % des mineurs. Pourtant, fumer du tabac augmente les risques de contracter 16 types de cancer et une vingtaine d’autres maladies. En 2015, pas moins de 6200 Québécois sont morts d’un cancer lié au tabagisme, calcule le Conseil québécois sur le tabagisme et la santé (CQTS), l’organisme derrière cet événement. « Le tabac est toujours aussi meurtrier », a rappelé Mario Bujold, directeur général du CQTS. Sans oublier les souffrances endurées par les proches de ceux qui meurent des suites de leur tabagisme.

À la mi-janvier, la 39e édition de la SQST nous a rappelé tout cela avec un slogan-choc : fumer, souffrir, mourir. Entre des statistiques alarmantes, des témoignages émouvants et une campagne visant à éliminer complètement le tabagisme chez les jeunes, la SQST a fait parler d’elle et laissé sa marque.

Michel Audette : un témoignage plein de retenue

Témoignage porte-parole

Michel Audette, aujourd’hui en soins palliatifs, ‎témoigne dans trois vidéos des répercussions ‎qu’a eu le cancer du larynx sur sa vie.‎

Parmi les moments forts de la SQST, mentionnons les témoignages de son porte-parole, Michel Audette, transmis par la voie de trois vidéos visionnées 1,4 million de fois. Atteint d’un cancer du larynx, ce père de quatre enfants a participé à la SQST pour inciter tous les fumeurs à se libérer du tabac le plus tôt possible. Aujourd’hui aux soins palliatifs, cet ancien électricien parle avec simplicité et retenue des nombreuses souffrances qu’a entraînées le tabac dans sa vie.
Pour lui, tout a commencé en 2010 avec une petite boule derrière l’oreille. « Quand le médecin a vu la bosse, il m’a demandé si j’avais déjà fumé, explique-t-il dans l’une des vidéos. Devant ma réponse affirmative, il m’a dit : “Ne cherche pas, c’est un cancer de fumeur.” » Selon lui, le plus dur en ce qui a trait au cancer, c’est le fait de l’annoncer à ses proches, « parce qu’on leur fait du mal. » En plus de trois vidéos, une publicité télévisuelle rappelait l’effet dévastateur du cancer sur les proches et la vitesse fulgurante à laquelle la maladie et la mort peuvent frapper.

Lucie Charlebois V

Lucie Charlebois

Par ailleurs, Lucie Charlebois, ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse et à la Santé publique, est venue témoigner de son soutien à la SQST lors du lancement de l’événement. Gonflée à bloc par l’adoption récente de la Loi concernant la lutte contre le tabagisme, Mme Charlebois a rappelé que « les ravages causés par le tabac touchent l’ensemble de la population », notamment par la fumée secondaire. Pour elle, c’est « un défi qui doit être relevé collectivement. » Enfin, la ministre a invité tous les fumeurs à utiliser les nombreux services à leur portée, comme la ligne j’Arrête.

Tout cela a eu un effet : au cours de la SQST, la page Facebook de l’événement Monde sans fumée a gagné 10 000 adeptes, pour plus de 82 200 en février 2016. Un Québécois à la fois, vers un Québec sans tabac.

Encadré : 0 % de jeunes fumeurs d’ici 2025!

Les leaders de La gang allumée ont profité de la Semaine pour un Québec sans tabac pour lancer un défi à la population du Québec : arriver à un taux de tabagisme chez les jeunes de 0 % d’ici 2025. « Ce n’est pas idéaliste, ça suit la tendance! », ont répété les jeunes leaders. Comme ils l’ont rappelé, plus du tiers des jeunes fumaient la Info-tabacGang allumée SQST 2016cigarette en 1998, contre 12 % en 2013. En 15 ans, cela représente une chute de 20 points de pourcentage. Une réduction additionnelle de 12 points de pourcentage d’ici 2025 est donc loin d’être impossible.

Cela demandera toutefois un effort important de la part de nombreux intervenants ainsi que la pleine collaboration des écoles secondaires. En effet, en 1re secondaire, « à peine » 3 % des élèves fument alors qu’en 5e secondaire, cela grimpe à 23 %. Cela représente une hausse de 650 %, selon La gang allumée. Ces jeunes demandent aux écoles de s’investir davantage contre ce fléau en adoptant une politique sans tabac. L’objectif? Faire disparaître le tabagisme chez leurs élèves d’ici 2025, bien sûr. Une telle politique pourrait inclure un soutien aux jeunes voulant se libérer du tabac ou une application stricte de la Loi concernant la lutte contre le tabagisme sur le terrain de l’école, par exemple. Bonne nouvelle : certains établissements ont déjà déclaré qu’ils iraient de l’avant!

Anick Labelle