La pipe à eau : un nouveau problème

chicha-wOn s’en doute : les produits du tabac combustibles sont tous dangereux. Pourtant, au Canada, 37 % des élèves de la 9e à la 12e année (3e à la 5e secondaire au Québec) croient que la pipe à eau – ou chicha – nuit moins à la santé que la cigarette. Malheureusement, ils sont de plus en plus nombreux à en fumer.

C’est ce que rapporte une étude du Centre pour l’avancement de la santé des populations Propel de l’Université de Waterloo parue dans Cancer Causes and Control . Leia M. Minaker et ses collègues écrivent que, en 2012-2013, 5,4 % des jeunes du secondaire au Canada (5,5 % au Québec) ont fumé la chicha au cours des 30 derniers jours. Cela représente une hausse significative de 1,4 % par rapport à 2010-2011. Le pourcentage grimpe même à plus de 26 % parmi les jeunes fumeurs et à 11 % parmi les ex-fumeurs!

Cette popularité pourrait être partiellement due au mythe selon lequel la chicha, en filtrant la fumée dans l’eau, est moins nocive que la cigarette. Or, si l’eau refroidit bel et bien la fumée, elle ne la rend certainement pas moins dangereuse, démontre un numéro spécial de Tobacco Control sur la chicha. La revue scientifique publie notamment des méta-analyses montrant que les pipes à eau émettent des centaines de composés chimiques, dont une trentaine sont des carcinogènes connus ou suspectés. Au Québec, seule une douzaine de bars à chicha établis avant 2005 sont légaux. Néanmoins, quelque 150 établissements illégaux seraient en activité à l’heure actuelle dans la Belle Province. Une situation que le projet de loi n° 44 – la Loi visant à renforcer la lutte contre le tabagisme – pourrait peut-être améliorer.

Anick Perreault-Labelle